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Italie- Florence
"Quand on y réfléchit bien, les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches. C'est à nous les nantis - je m'adresse aux trois premiers rangs - qu'il appartient d'aider les pauvres. Il y a des abus qui ne sont plus tolérables ! J'ai honte ! Quand je pense qu'en une soirée, je gagne l'équivalent de 3 mois de salaire d'un ouvrier, j'ai honte ...
Alors que dans le même temps, Guy Bedos gagne l'équivalent de 6 mois de salaire d'un cadre !!!"
Desproges
Un commentaire argumenté et interessant de Loira sur un forum où je teste mes photos:
je suis partie pour une séance d'éthique. Première étape chez toi, la seconde chez Clémiou.
Que voit-on ici ? Une mendiante, peut-être bien Rom puisque, sur la photo précédente, son italien m'a paru approximatif. Elle est dans une posture de totale humilité, voire humiliation. A gauche de la photo, des gens, touristes vraisemblablement, tournent les talons pour visiter un établissement sans doute religieux. A droite, une femme détendue et souriante, vêtue façon bobo, attend le groupe de touristes qu'elle va, j'imagine, piloter dans ce même édifice. Conclusion, putain de salope de civilisation occidentale, enfoirés de connards d'occidentaux. Fermez le ban. Sauf que...
Sauf que l'on voit ici à l'œuvre deux violences. La première est manifeste : c'est celle, que nous connaissons tous, qu'exerce le libéralisme débridé envers les 95% (au moins) des plus faibles des êtres humains de cette planète. La seconde est beaucoup plus subtile et est le fait du... photographe.
Que savons-nous de ces touristes et de cette guide ? Vraiment pas grand chose : les premiers ont sans doute les moyens de se payer des vacances, la seconde, des vêtements stylés période love and peace, un sac en cuir et le coiffeur. Et c'est tout. Peut-être sont-ils en effet d'horrible réactionnaires n'hésitant pas à voter pour l'extrême droite. Ou peut-être sont-ils engagés dans des associations à caractère social, peut-être même ont-ils déjà distribué ça et là quelques piécettes aux mendiants de la ville éternelle, voire à cette femme. On n'en saura jamais rien, mais voilà, ils n'en sont pas moins jugés et condamnés à titre personnel par cette photo.
J'ajoute que le point de vue frontal implique une pseudo objectivité laissant supposer que le photographe ne se sent pas impliqué dans l'une des situations de la scène. Nous sommes dans une accusation absolue sans une once de l'empathie dont Lasiate est généralement coutumier (et que l'on voit d'ailleurs à l'œuvre dans la photo précédente).
J'imagine volontiers que tel n'était pas ton propos. Il n'empêche que c'est bel et bien le discours que tient ta photo. Si Sarkozy ou Berlusconi était à la place de la guide, ça passerait complètement. Si la tête de la guide était coupée, ou encore le point de vue plus subjectif, on pourrait tous, y compris toi, se reconnaître dans cette femme -et ces touristes. Bref, si, si, si...